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12/02/01 - 13/02/01
12/02/01
Plus que quelques minutes.
L'avion descend ; penché sur le hublot, je regarde la côte
approcher. Nous survolons un bras de terre, une lagune, le continent,
maintenant la ville.
Une mer de palmiers, en fait, d'où quelques bâtiments émergent
de temps à autre. Mr Bunch les désigne du doigt, les nomme
: "une mosquée, un temple, une église là-bas...
une autre ici..."
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Un flot de voitures, motos, bus décrépis
circule sans ordre apparent, dans un concert cacophonique de klaxons.
Le voyage jusqu'à l'hôtel, en taxi branlant, confirme la
nature chaotique et libre de la circulation indienne.
Premier repas en Inde, dans un "coffee shop" fréquenté
par des Indiens. Le bâtiment, tour circulaire à l'extérieur,
se révèle n'être qu'une spirale ascendante à
l'intérieur, une rampe montante bordée de tables.
Le menu, feuille graisseuse, déchiré et tachée,
suscite quelques commentaires ; je regrette de ne pas avoir mon appareil
photo.
Je commande du café et un plat de mouton au nom étrange
; le café, noyé dans du sucre, se révèle
gris ; le plat, délicieux. Un repas aura coûté Rs38.5
(38.5 roupies) : moins de 5 francs !
13/02/01
Réveil à 4h00, après une nuit
agitée ; la circulation ne cesse jamais ici, et l'on entend parfois
un barrissement lointain se mêler aux klaxons.
Le train part dans une heure ; nous nous dépêchons de nous
préparer, avalons un petit-déjeuner "anglais"
: toast, thé, café noir. Pas beaucoup de goût, comparé
aux currys de la veille !
Le train est presque vide ; confortable, de fabrication anglaise : probablement
une relique du Raj. Les quelques Indiens lisent tranquillement, en anglais
pour la plupart.
J'essaye de dormir ; rien à faire. Je ferais mieux d'écrire,
malgré les cahots. J'achète une tasse de café gris
à un vendeur ; je suis déjà habitué à
son goût sucré.
Deuxième petit-déjeuner, à l'indienne : crêpe
(?) et beignet (?) achetés à un vendeur ambulant. Nous
sommes trois à l'avoir tenté ; les autres se rabattent
sur des biscuits.
Plutôt bon, en fait. Meilleur que les toasts de l'hôtel,
en tout cas.
Même l'interminable finit par s'achever, et le train entre en
gare dans un ultime grincement. Dehors, inlassable, le soleil gette
; il a fallu cinq heures pour atteindre Cochin, et la nuit de notre
départ s'est depuis longtemps achevée.
C'était déjà visible depuis la porte ouverte du
train d'où nous regardions défiler le paysage : la mer
de palmiers est maintenant entrecoupée de feuillus, donnant à
la forêt un air plus "européen".
Encore plus que Trivandrum, Cochin semble une fourmilière colorée,
une mer bigarrée de saris flamboyants. La ville paraît
plus touristique et plus prospère, plus vivante aussi.
Pas de taxis cette fois ; le voyage à l'hôtel se fera dans
un rickshaw, ces véhicules bizarres, hybrides de moto et de voiture
montée sur trois roues.

Port de Cochin
D'une maniabilité sans égal, ces engins
se faufilent à toute vitesse dans les rues animées de
la ville ; les cahots, les virages brusques, l'air s'engouffrant dans
le cockpit, tout en fait un véhicule profondément indien,
coloré, scarabée chatoyant dans une ville à la
gaieté chaotique.
L'hôtel, un large patio, aux chambres d'une propreté troublante
après le désordre du dehors, semble un îlot de calme
dans la ville. Le seul bruit dans la pièce est le doux ronronnement
du ventilateur.
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