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14/02/01 - 15/02/01
14/02/01
Réveil à 9h00 ; j'ai bien dormi. Petit-déjeuner
à l'hôtel : les autres prennent des toasts, je choisis
un plat indien au hasard.
Je me retrouve avec un pain indien gonflé et chaud et une sorte
de compote épaisse, probablement à base d'oignon. Un peu
lourd pour un petit-déjeuner, mais bon.
Voyage en bus vers la ville d'Alappuzha : 1h30 de cahots en tout genre.
Je regrette le copieux petit-déjeuner. La variété
de l'Inde se dessine à travers les paysages traversés
; seuls les gens ne semblent pas changer.
Arrivée à l'hôtel. L'accueil est d'une propreté
irréprochable ; les chambres, moins. Quelques cris d'horreur
à l'aspect des draps, à la vue de la plomberie tordue.
Bonne nouvelle : nous mangerons dans un "coffee house", pas
dans un restaurant pour touristes. Le choix est faible, mais les parts
généreuses, et l'ambiance sympathique. Je laisse dix francs
-ma dernière pièce française- à un serveur
collectionneur de pièces ; sait-il qu'elle vaut deux fois mon
repas ? Probablement pas, il l'aurait refusée.
Mauvaise nouvelle : cet après-midi, nous allons nous baigner
dans la piscine d'un hôtel chic... quelle perte de temps !
L'eau est bonne, mais je me lasse vite. Je sors avant les autres, et
j'en profite pour mettre ce journal à jour. J'espère bien
pouvoir me balader en ville tout à l'heure, par contre... si
nécessaire, seul. Mais je doute que j'obtienne l'autorisation...
Autorisation refusée. Je ne peux pas dire que je sois surpris
; le risque d'accident est faible, mais certainement pas nul.
Après quelques hésitations, Mr Bunch décide d'y
aller avec moi. Finalement, nous serons cinq ; les filles restent à
la piscine.
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Alappuzha, rue principale
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Alappuzha, pompeusement surnommée
la "Venise de l'Est" par l'office du tourisme local, donne l'impression
de n'être qu'une petite ville, malgré ses 250 000 habitants.
Comme dans toutes les villes indiennes, le centre est un perpétuel
remue-ménage de rickshaws, bicyclettes et piétons, le tout
cohabitant dans un désordre anarchique et joyeux.
Seule trouvaille intéressante : des chilis séchés.
Une poigné ne me coûte que Rs2, mais fera un bon souvenir. |
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Retour à l'hôtel de la piscine. Nous y mangerons.
Comme toujours, la nourriture est excellente, mais je regrette l'ambiance
de ce midi ; l'atmosphère ici est vraiment touristique.
Le repas terminé, retour à l'hôtel, en taxi. Nouveaux
cris à la vue des chambres. Claire découvre une blatte
dans sa chambre, horreur dont la taille augmente à chaque redite.
Les cris attirent un Indien ; la rassurant d'un "dont worry",
il écrase le monstre d'un coup de taloche. Une tache noire reste
sur le sol.
Sinon, demain s'annonce rude : nous rejoignons la "Boys' Town",
d'abord en bateau sur un lac, puis en minibus... plus de dix heures
de voyage, sachant qu'il est impossible de dormir sur les routes indiennes.
Par contre, probablement de bonnes photos à prendre.
L'air est lourd ici ; les bruits étouffés de la rue se
sont un peu calmés. Seul le ventilateur continue de vrombir,
obstiné.
15/02/01
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Réveil à
six heures : la nuit a été courte. Ce matin, pas de petit-déjeuner
: juste quelques biscuits et une tasse de café gris.
Nous arrivons à l'embarcadère avec une demi-heure d'avance
; le bateau est vide.
À moitié plein au départ, le bateau se remplit au
premier arrêt. Je cède ma place à l'arrière
du bateau à une indienne : bien m'en prend, j'en retrouve une à
l'avant du bateau, endroit rêvé pour prendre des photos :
vingt en une heure ! La lumière est un peu faible, mais le paysage
trop beau pour ne pas prendre le risque. |

"Boat-house"
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Les gens ici, surtout
les femmes et les enfants, sont plus ouverts que sur la côte. Lucy
se fait offrir un "bindi", point noir collé sur le front
par un groupe de jeunes filles hilares ; je suis assailli par une bande
de jeunes enfants en route pour l'école du coin, qui réussissent
gaiement à nous extorquer quelques crayons.
Le voyage aura duré deux heures et demie, entrecoupé d'une
brève panne de moteur.
À l'arrivée, deux indiens de la "Boys Town" nous
attendent. Le minibus, qu'on nous promettait tombant en pièce,
se révèle une monstruosité rococo, une accumulation
de velours rouge et de lumière de toutes les couleurs ; une télévision
flambant neuf trône au milieu. Ce luxe barbare jure sur les rues
poussiéreuses de l'Inde profonde, mais je ne peux m'empêcher,
non sans un soupçon de remord, d'apprécier le confort d'un
véhicule sur suspension, surtout en observant les bus publics sauter
de nids de poules en nids de poules.
Le paysage se transforme, les villes changent sous nos yeux : nous sommes
loin de la côte prospère et touristique du Kerala : les magasins
sont plus rares, les saris plus ternes, les maisons de terre et plus de
béton.
Nous partons à l'assaut des "Western Ghâts", petite
chaîne de montagnes entre les Etats du Kerala et du Tamil Nadu.
Les paysages sont magnifiques ici, de vastes forêts trouées
de plantations de thé.
Au détour d'un virage, nous apercevons quelques singes, assis paisiblement
au bord de la route. Le temps de prendre mon appareil photo, ils sont
partis. Dommage.
Retour dans la plaine, mais cette fois dans une vaste étendue de
terre plus sèche : les savants mélanges de terre et d'eau
du Kerala sont loin. |
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Vendeur de noix de coco
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Soudain, le chauffeur s'arrête
: il a aperçu un vendeur de noix de coco. À chacun la sienne
: décapité de main de maître par un vendeur à
la machette habile, les noix nous offrent leurs laits, puis leurs chairs.
Un paysan nous propose ce qui ressemble à s'y méprendre
à du bambou. À grand renfort de gestes, il nous explique
qu'il s'agit de canne à sucre : il nous faut d'abord arracher à
grands coups de dents l'écorce, puis mâcher le cur pour en
extraire le jus. Ceux qui osent l'opération, barbare et salissante,
découvrent un jus sucré, au goût étrange et
exotique. J'en remporte un bout pour le bus.
Le voyage se poursuit sans incidents notables ; seule la présence
continuelle d'églises à l'intérieur des terres m'étonne
: je croyais le christianisme concentré sur les côtes. |
Sitôt descendus
du minibus, nos bagages semblent soudain s'animer et courir d'eux-mêmes
vers nos chambres : trois jeunes indiens les emportent, masqués
par des sacs plus grands qu'eux.
Manifestement désignés pour aider le cuisinier à
préparer notre dîner, ils nous servent un curry magnifique
sur le toit d'un bâtiment du haut duquel nous n'entendons que le
chant des criquets et le bruit étouffé de klaxons lointains.
Le dîner fini, les trois jeunes garçons nous rejoignent pour
une partie de foot acharné, qui ne s'interrompt que lorsqu'un tir
malencontreux envoie le ballon au beau milieu d'un puit de six mètres
de diamètre. En ce qui nous concerne, il n'y a rien d'autre à
faire que d'attendre le lendemain, mais c'est sans compter l'intrépidité
des jeunes Indiens.
À la lueur vacillante d'une allumette tenue par l'un d'entre eux,
le plus jeune s'élance, plonge de deux mètres, et nage vers
le ballon.
Deux minutes plus tard, il est de retour sur le terrain avec. Ce n'est
qu'à minuit que nous arrêtons de jouer. |
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