19/02/01 - 21/02/01

19/02/01
Réveil tardif après un coucher tardif. Aujourd'hui, nous sommes chargés d'interviewer des enfants indiens dans les écoles, préparant leurs descriptions, destinées aux sponsors potentiels.
La première école que nous visitons est plutôt bien équipée pour une école indienne, mais beaucoup d'enfants sont d'origines très modestes. Je commence à interviewer les jeunes enfants, en anglais si possible, avec l'aide d'un interprète si nécessaire.
Les questions s'enchaînent, certaines imposés par le formulaire, d'autres qui me viennent à l'esprit, un flot incessant d'enfants et de questions, couleur préférée? rouge, vert, travail du père? coolie, nombre de frères? 2,3,5, roupies par jours? 30, 40, 50...
A travers les questions aux réponses souvent similaires, se dessinent une dizaine de d'histoires presque identiques, de parents pauvres, d'enfants orphelins, de travail dans les champs les obligeant à manquer l'école; dans bien des cas, seule une aide extérieure, seul un sponsor leur permettra de continuer leurs éducation, pour devenir éventuellement docteur ou professeur, comme tous ici veulent le faire.
Après une brève pause pour le déjeuner, nous repartons dans une autre école, plus pauvre que la précédente, mais où les enfants paraissent mieux éduqués... c'est du moins mon impression, tous ne sont pas d'accord.
Une jeune fille, élève brillante que j'interviewe en premier, me sert d'interprète, avec parfois l'aide de la maîtresse. Pas de différences notables avec l'autre école dans les réponses données ; le seul véritable changement est la préférence accordée au perroquet, remplaçant le paon, favoris de l'autre école...
Je pars décidé à faire mon possible pour permettre d'éduquer ces enfants... comment ? Je ne sais pas trop. En tout cas, ils auront de bons rapports. Nous en parrainerons aussi... mais il y en a tellement !

20/02/01
La journée s'annonce calme; notre seule vraie tâche est de rédiger un rapport sur chacun des enfants pour des sponsors potentiels. Apparemment, le Joe Homan Charity Trust préfère que la description soit faite par des gens extérieurs à l'association. Le travail se révèle laborieux, en partie à cause du faible nombre d'ordinateurs (3 et nous sommes 7), mais aussi car 20 mn par rapport se révèlent indispensables. Je n'en ferai que la moitié aujourd'hui ; les huit autres attendront.

L'après-midi, une fantastique partie de foot s'engage entre deux équipes de garçons indiens, toutes les deux pilotées par nous. Mon équipe, dirigée par Mr Bunch, Thomas et moi, s'incline 4-2 contre celle de Marc et Peter. Beau match, malgré le style assez brutal des Indiens, qui préfèrent visiblement les "kick and rush" aux passes.
Si certains des Indiens s'essoufflent vite, la plupart font preuve d'une endurance étonnante, témoignant de leur meilleur état de santé, comparé aux enfants du village.


De gauche à droite:
Rama, Sindy, Last-man-in

La soirée se termine par une partie de cartes acharnée avec les trois jeunes indiens. Le plus jeune, Sindy, triche, mais avec trop de grâce pour pouvoir lui en vouloir...

21/02/01
Contrairement à hier, la journée s'annonce sportive : nous partons visiter Madurai. Au programme, visite du temple et courses en ville. Le temple, de plan carré, possède quatre grandes portes surmontées de gigantesques tours, orientées sur les points cardinaux. Si le sanctuaire, coeur religieux du temple, est interdit aux non-hindous, la majorité du bâtiment -ou est-ce une ville? le temple couvre 3 hectares et Notre-Dame pourrait tenir dans le bassin interne- est accessible au public.


Temple de Madurai
Encore plus que l'extérieur, l'intérieur est d'une complexité labyrinthique impressionnante ; les salles s'enchaînent, les piliers, les plafonds, les murs se couvrent d'une foule bigarrée de dieux, monstres et héros.
Entre les piliers, toute une foule s'agite, quelques touristes mais surtout des Hindous de tous les âges, de la ville comme des campagnes. Sous nos yeux s'enchaînent les rites étranges, les poudres colorées dont sont parées les statues, le beurre fondu lancé sur les dieux pour calmer leurs colères, les parfums exotiques se mélangeant dans l'air humide et chaud d'un midi indien.
L'après-midi se révèle un parcours du combattant de boutiques en boutiques, à la recherche de saris colorés, statues rares ou bijoux précieux. Fatigués mais contents, nous rentrons chargés de tissus et de bibelots. En plus de nombreux cadeaux, je reviens avec un splendide bronze de Shiva dansant la destruction du monde.