22/02/01 - 25/02/01


22/02/01
Première tâche de la journée : finir les rapports. Il m'en reste 8 ; je les termine en trois heures.
La matinée s'annonçait calme, et nous étions déjà attablés, quand Peter, qui achevait de pendre son linge, s'effondre brusquement. Panique ; nous nous précipitons vers lui ; le visage rouge, les veines saillantes, il est saisi de spasmes incontrôlables que Mr Bunch réprime avec le plus grand mal.
Le verdict de Claire, bientôt confirmé par le glucomètre de Peter, est clair : hypoglycémie sérieuse.
Pendant qu'un docteur est appelé d'urgence, Claire, Lucy et Mr Bunch tentent l'impossible pour lui faire avaler du sucre. Bien qu'extrêmement faible, il reprend lentement ses esprits et accepte de mâcher des carrés de sucre.
Le docteur est là, vite. Bien habillé, élégant, il prend son temps pour examiner Peter, avant de lui faire deux injections. Vingt minutes après être tombé, il a repris assez de forces pour marcher jusqu'à la voiture du docteur, qui l'emmène à l'hôpital le plus proche, accompagné de Lucy et de Mr Bunch.
Claire, qui a réussi à dominer sa peur pendant la crise, ne commence vraiment à reprendre des couleurs que quand Lucy revient, annonçant que Peter va mieux et reviendra avec Mr Bunch vers 18h00. Par contre, pas question pour lui de voyager ce soir; il nous rejoindra en taxi avec Mr Bunch le lendemain.
En attendant, il ne nous reste plus qu'à faire nos bagages. Abandonnant des vêtements pour faire de la place, j'empile en sandwich les tissus et les statues. Entre-temps, Peter est rentré, fatigué mais ayant bien récupéré. Un test rapide confirme un taux de sucre normal.
Après un bon dîner terminé par le gâteau d'anniversaire de Marc, 17 ans, vient le moment du départ...
Je dis au revoir, ému, aux Indiens de la Guest House, avant de serrer tour à tour dans mes bras les trois jeunes Indiens. Je promets à Sindy, je me promets, de revenir. Mais je n'y crois pas trop, et lui non plus.
Nous arrivons à la gare, sans Mr Bunch ni Peter, qui nous rejoindrons demain. Après un va-et-vient sous la conduite hésitante d'un Indien, nous finissons par trouver nos cabines.
En écrivant ces lignes, je ne peux m'empêcher de penser que demain est notre dernier jour en Inde... je voudrais tellement pouvoir rester !

24/02/01
Réveil à 5h30, vingt minutes avant l'entré en gare. J'ai dormi comme une masse, mais pas assez longtemps ; je fatiguerai vite aujourd'hui. Le train arrivé à Trivandrum, nous prenons trois taxis pour Kovalam Beach.
Comment ai-je pus trouver ce lieu beau, ce lundi où nous sommes arrivés? Kovalam n'est qu'un enchevêtrement immonde de boutiques pour touristes, la moitié "tibétaine" et de restaurants tout aussi touristiques. Peu d'Indiens ici ; que des touristes. Les seuls Indiens visibles sont derrière des comptoirs, servent des boissons ou vendent des tissus colorés à des prix excessifs, qui baissent vite face à nos exclamations indignées.
Le peu de shopping que je fais est plutôt cher, et pas de très bonne qualité : j'aurais dû en faire plus à Madurai.
Quant aux repas, dans des restaurants pour touristes où les seuls clients Indiens viennent de Delhi et sont habillés en Lacoste, ils semblent cumuler tous les défauts de la restauration indienne et européenne, sans en garder aucunes des qualités: prix vertigineux (pour l'Inde, en tout cas), service interminable, plats mesquins et de qualité médiocre... On retrouve des cheveux dans les pizzas, de l'écorce dans les currys à la place d'épices. Nous aurions mieux mangé, et pour moins cher, dans un restaurant pour Indiens...
En fait, seul le soleil et les palmiers rappellent encore l'Inde ; en ce qui me concerne, nous avons quitté le pays quand le train s'est ébranlé dans la gare de Madurai, cette ville où les blancs sont si rares...

25/02/01
Réveil à 5h00, direction l'aéroport après un bref petit-déjeuner. Les contrôles s'enchaînent, nos bagages passent aux rayons X, nous sommes fouillés plusieurs fois... AirLanka ne plaisante pas avec la sécurité.
Nous finissons par embarquer à bord d'un A320 en direction de Colombo, d'où nous repartirons vers Paris. L'avion s'ébranle, roule vers la piste, accélère, décolle. nous survolons l'aéroport, puis la ville-jungle de Trivandrum, les Western Gats, refaisant en quelques minutes notre voyage en train, puis encore la plaine, puis la mer: l'Inde n'est plus qu'une côte dont nous nous éloignons à toute vitesse, puis une frange verte sur l'horizon, puis plus rien. Demain, nous serons à Paris...